Simone Veil, bafouée le jour de ses obsèques

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Alors que le cercueil de Simone Veil traversait la cour des Invalides, son nom est devenu une URL de site Internet. Un nouvel hommage à l’immense femme qu’elle était ? Loin de là…

Le non-respect a désormais son site Internet : www.simoneveil.com. Mercredi 5 juillet, pendant que de nombreux représentants politiques rendait un ultime hommage à Simone Veil aux Invalides, ce nom de domaine fait jaser. La première chose que l’on y voit : un portait de l’ancienne ministre, rouge sur les lèvres et cocarde tricolore dans les cheveux. A côté de son visage s’affiche un « Forever » estampillé du symbole de la femme en guise de « O ». Comment ne pas croire alors à un honneur supplémentaire à l’égard de celle qui a tant fait pour les droits des femmes ? C’est sans compter la phrase qui accompagne l’iconographie : « Découvrez la vérité sur Simone Veil, celle d’une femme trahie dans ses intentions puisque sa loi n’existe plus tant elle a été modifiée et parce que la légalisation de l’avortement n’a pas amélioré la santé des femmes bien au contraire.« 

Propagande anti-IVG

Le site se déroule ensuite sur un récit de la vie de l’Académicienne, à coups d’éloge pour la personne qu’elle fut. « La femme par excellence », « icône de l’émancipation des femmes » et autres marques de respect ponctuent le récit de sa vie. Jusqu’à en arriver à son combat pour l’avortement, décrit comme « une trahison de ses intentions » donc. A en croire les auteurs de cette biographie subjective, celle qui a survécu à Auschwitz aurait défendu l’IVG comme un droit exceptionnel, aujourd’hui « promu » par le gouvernement et les associations féministes. Ben voyons.

Marketing et communication rôdée

Souiller la mémoire de Simone Veil sans aucun scrupule n’est qu’un aperçu de la fourberie de ce groupuscule pro-vie, Après la révélation du site, les journalistes ont dévoilé comment les profanateurs avaient procédé pour se faire remarquer. Trois jours après la mort de la 5e femme à entrer au Panthéon, les rédactions ont ainsi reçu un mail d’une certaine graphiste freelance, qui précisait léguer les droits de son visuel (celui qui sert d’en-tête au site) pour utilisation. Il aura fallu attendre quelques jours pour que la vérité éclate : derrière ce mai innocent se cachait la communication rodée, sournoise et carrément hallucinante des anti-IVG.
Certainement grâce à l’extension du délit d’entrave à l’IVG, jeudi 6 juillet, l’adresse www.simoneveil.com était enfin devenue indisponible d’accès. « Forever » ? On l’espère.

Voir aussi :

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